31 juillet 2008

Mise en abysse... #10

 

5dfpysp7.jpg

Un papier rose à liseré mauve coincé sous la tête de lit : « Si aucuns souvenirs, si tu ne sais pas la date. Si tu ne te souvient pas de quoique ce soit, appelle Erèbe. »
Regard oblique vers sa droite, elle tend le bras et attrape par la ficelle, d’où pend son initiale : un L., son téléphone portable. 11h11… Observé, écouté, elle aimerai temps entendre de lui qu’il est là, qu’il veille sur elle, mais rien à faire, aucune solution, aucune perspective à pars celle d'être spectateur de sa vie et de croire qu'elle prendra les bonnes décisions et qu'elle fera les bons choix.....
Ce n’est hélas pas gagné, L.  a tellement de shaïtan dans sa vie, faut dire qu'elle est un aimant à emmerdes.... à croire que souffrir est la seule et unique chose qu'elle ne fasse correctement... Respirer pour elle ressemble à l'agonie et c'est franchement peu dire... Il lui a souvent crié que si elle ne voulait pas subir le futur qu’il ne lui resté plus qu’à le créer elle même. Il faudrait qu'enfin elle devienne maîtresse de son âme et qu'elle arrête de se remettre entre les mains de tous ce qui passe car Erèbe en a vu défiler quand même ! Et ce qui en découle c'est qu’il la vu tant de fois se briser que ça en ai pathétique au plus haut point à croire qu'elle se prend pour un bateau pris dans une tempête à perpet' ! Elle reste pétrifiée d'être elle, L.  se persécute, et lui partage sa peine... Il voudrait tant pour elle, parce que tous les être on besoin d'être aimé et elle, elle l'a adoré au plus profond du sens, du coup il aimerait quelque chose de vrai, de grandiose, pas n'importe quoi... l'amour, le vrai parce qu'elle le mérite... Parce qu'avec tous ces loufiats qui ont partagé sa vie, c'était le pouvoir de nuisance, elle cédait pour avoir la paix ! Ils l'a caressaient d'une main et l'a torturé de l'autre, du coup chaque jour  L. se tuait  un peu plus que la veille et ce sont ses espoirs qui l’empêchent de réfléchir..... Est ce que c'est méritoire pour autant NON !
Parce qu’il la quand même vu parfois se rebeller, essayer mais sa rébellion fut très vite maté dans le sang... Elle a plié sous le poids.... des coups souvent, de l'amour dernièrement, de la facilité parfois.... Il y a une chose que Werber lui a enseigné ce sont les trois règles :

  • la règle du renoncement : c'est quand on ne désir plus quelque chose que celle ci peut vous être offerte…
  •  la règle de l'empathie : pour comprendre l'autre il faut se mettre à sa place...
  •  la règle de la causalité : quand vous faite quelque chose, pensez aux répercussions car aucun acte n'est sans effet !

Bref il faut qu'elle comprenne qu'il vaut mieux renforcer ses points fort que combler ses points faibles…
« On peu tous voir le soleil se coucher mais seul les valeureux voient l'aube du nouvel journée... » C’est ce que répété son grand père LOUIS......  Et c'est vrai quand on pense que tout le monde est seul, que la souffrance est réelle..... ON a tous peur de notre vraie nature..... On a tous des angoisses, tous mal..... Et c'est inévitable si on a des yeux et des oreilles mais ça ne sera jamais pire...... L. ne veut plus rien attendre de personne... Elle est tellement en accord parfait avec sa souffrance finalement que ça en devient effrayant… Elle aimerait simplement entendre l'indémodable et peut onéreux : "je t'aime mon amour / ma chérie / mon assortiment de friandises......" de la part de quelqu'un qui serait sincère, une chose lui permettrait enfin d'être heureuse et aimé.... Virer la pierre qu'elle a planquée au fond de son coeur pour qu'à nouveau L.  sorte d'elle.......
Elle rêve d'anges mais vie en permanence avec ses démons, alors elle se dit que ses anges sont en grève car pas assez payés pour le travail à accomplir avec elle !
Elle aime déprimer ça lui donne l'impression d'avoir un esprit profond.... 

 
podcast
Matmatah - entrez dans ce lit

29 juillet 2008

Mise en abysse... #9

normal_Rose_On_The_Dancefloor.jpg

Un papier rose à liseré mauve coincé sous la tête de lit : « Si aucuns souvenirs, si tu ne sais pas la date. Si tu ne te souvient pas de quoique ce soit, appelle Erèbe. »
Regard oblique vers sa droite, elle tend le bras et attrape par la ficelle, d’où pend son initiale : un L., son téléphone portable. 5h55… Prendre la fuite... Ça fait 24h qu'elle y pense et tourne sur elle-même, cherche, se torture et ne pas comprendre... ou trop peut être.
A t'on déjà vu un poisson sortir de l'eau et visiter la réalité demande Mano Solo… Et bien NON, on ne l’a jamais vu alors elle voudrait tout d'un coup d'un seul être n'importe quel poisson du moment qu'elle ait sa mémoire de 3sec...
Elle a ressortie son immense sac a dos militaire dans lequel elle a commencé a fourrer à la va comme je te pousse et a qui mieux mieux quelques fringues, des livres, des piles, des photos, un gros cahier vierge de toutes pensées, plusieurs stylos, un cahier a dessin a noircir, quelques couleurs, 3 pinceaux, un coffret d'acrylique, une brosse a dent, une brosse a cheveux, ses papiers, son MP3, un yogi en bois, le couteau de son grand père et toute sa souffrance... Elle veut repartir a OSTENDE... Cette ville et elle ont une histoire d'amour impossible, elle sait exactement ce qu'elle veut faire a peine arrivé elle ira sur l'une des ces plage déserte en février qu'elle aime tant et elle se posera sur le sable, elle regardera la mer et attendra la pluie, a ce qu'elle dit "il n'y a pas plus belles plages que celle qui sont sous la pluie..." Puis elle ira au bout de quelques heures se réchauffer d'un thé au « Lounge bar », ensuite elle posera son sac quelque part et partira au Musée des Beaux-Arts, histoire de se ressourcer en se plongeant toute entière dans sa passion... Pour terminer elle finira sa matinée, sa soirée ou sa nuit au « butterfly », elle y restera le temps de revoir quelques piliers de comptoir et d'écouter en flamant toutes leurs histoires de vieux loup de mer.... Elle sourira car elle ni comprendra rien mais elle s'en foutra puisque c'est seulement le son de leurs voix qu'elle aime tant... Ensuite selon l'heure et son état, elle se posera sur un banc en pierre du jardin japonais avec son MP3 qui hurlera du ARNO... qui est sa seconde passion après OSTENDE... ARNO et sa voix caverneuse qui s’étend et s’entend encore mieux que par le passé. Il éructe, crache sa bile et fend l’acier. Toujours sur le fil du rasoir entre la dérision et le tableau surréaliste d’une femme qui s’appelle ‘Françoise’ c’est entre rire et larme qu’elle apprécie le mieux ce grand garçon qui appelle au secours les yeux de sa mère. Ce balourd qui cache une âme d'écorcher vif papillonnant de façon ordonné entre le steeple-chase et le steap-tease intégral de sa petite vie... Bègue, naturel, spontané, sincère, incapable de faire semblant. Un peu comme L. Son parcours lui ressemble, peuplé de ces excès qui font les hommes d'exception, un peu comme elle… Pour finir elle ouvrira son sac et sortirais toute sa souffrance aussi immense soit elle et la jetterais à la mer définitivement...
Il est temps pour elle de tourner une page, de changer, de s'améliorer... Il est temps de vivre tous simplement... IL EST TEMPS !
Après il n'y aura plus d’abonnée...

 
podcast

ARNO - Les yeux de ma mère 

27 juillet 2008

Mise en abysse... #8 (suite et fin)

Avec un peu de chance tu meurs, mais elle avec regret après quelques jours de coma, L. s'est réveillée et sa toute première pensée a été....... Où est ma shooteuse ?! Mon « quetpa »... Où est ma raison de vivre ma jouissance...?
Heureusement maintenant L. a ses enfants et ce sont eux sa drogue..... Ces enfants qui ne démentes pas sa solitude, qui ne la contrarie pas...... Ce sont ses enfants, ROI dans un berceau de solitude ! Ses enfants ont poussés dans ses songes, ont grandis dans sa chaire..... De toute façon c'est toujours ce que l'on tait qui est sources de vérité..... Les jeunes mères deviennent invincibles face à l'adversité..... Bonne à tous..... Bonne à rien..... Vouée à un amour infini, L. s'offre en pâture à ses enfants.... L. a le visage plus exténué de transparence, celui de la mère, celui de la petite fille qui enfante.... (1er enfant a 17 ans....) SES anges, SES trésors, SES poissons, SES amours qui la trainent comme 18000 kilos de soleil perdu !
Elle qui les poussent dans la grisaille de la vie, qu'est ce qu'elle peut leurs offrir, elle leur mère si ça n'est qu'un rêve à peine obscure que l'on appel la vie......
SES enfants sont ses petites lunes exilées et à eux 3 forment sa seul sagesse...
Ils la tiennent éveillée et éloignent d'elle le gouffre... Ils défont sa lassitude, l'emplissent de rêvasserie et d'espoir, ils vont et viennent dans sa tête comme une balle entre ses mains, ils l'usent, l'épuisent, l'effiloche mais elle s'accroche à eux comme à un bout de terre..... Car ils sont SA terre, cette terre non souillée...

 
podcast

REM - Mad World 

25 juillet 2008

Mise en abysse... #8

t-m_evilshe_by_TheFretless.jpg

Un papier rose à liseré mauve coincé sous la tête de lit : « Si aucuns souvenirs, si tu ne sais pas la date. Si tu ne te souvient pas de quoique ce soit, appelle Erèbe. »
Regard oblique vers sa droite, elle tend le bras et attrape par la ficelle, d’où pend son initiale : un L., son téléphone portable. 22h47… On dirait une loi, une fatalité, un orage....... Personne ne saurait la prévenir... c'est la came. Une attente innocente, une attente à qui personne ne sait répondre. Cela l'envahis d'un amour abondant sans retenue, sans réserve... L. repart ailleurs, L. reste, L. occupe le tout de la vie, de l'espace et du temps. Elle est comme partout à la fois, en proie à tout ce qui est ! L. n'a jamais connue plus belle jouissance, aussi forte que la seringue pénétrant ses veines et répandre son venin... Puis là cette chaleur qui l'envahis, qui lui fait briller les yeux, plier les genoux, cette sensation unique qu'elle est le maitre du monde.... A ce moment même où ses tempes cognent, L.  pourrait soulever des montagnes, des centaines de montagnes..... Et Lorsqu'elle a été trop loin, qu'elle ne peut plus faire machine arrière, que tout son être hurle de douleur, que son cœur lui arrache un cri, que sa tête heurte le plancher avec fracas, lorsque son corps pesant des tonnes se traine, tombe lourdement dans un bruit sourd et qu'elle s'enfonce dans le sol pour ne faire plus qu'un avec lui..... Que ses yeux sont au large ouverts, mais tout n'est que brume, fumée et vagues surgissant, quand L. sent sont esprit quitter son corps, que son cœur ne tremble plus, accélère et tout d'un coup s'arrête ! Que sa respiration est vaine et que ses viscères explosent... là seulement là.... Elle joui !

23 juillet 2008

Mise en abysse... #7 (suite et fin)

Elle s’allonge et s’endort, elle repense à sa rencontre avec Erèbe , de celle qui bouleverse toute une vie, de celle qui vous transporte et qui ne vous laisse plus jamais toucher le sol...  son cœur s'est remit a battre, elle ne savait pas pourquoi, elle n'y comprenait d’ailleurs rien, elle ne savait pas ce qui se passait, elle était transporté dans une autre sphère qu'elle partageait avec lui, comme un binôme unique, ils étaient seuls au monde dans une bulle que rien ni personne ne peut percer... Son coup de cœur elle l'a eu, ils sont en parfaite osmose, bien sur défaitiste comme elle est, elle s'est persuadée que c'est encore un coup d'épée dans l'eau que ça ne durera pas, parce que c'est trop beau et que ça n'est pas son karma mais L. espère de tout son cœur, de toute son âme, de tout son être... Elle a enfin trouvé une personne pour la comprendre... Prendre sa source dans ce qu'ils sont, ce nourrir exclusivement de l'autre, ILS en seraient là ? Si un mot devait les résumer ce serait COMPLÉMENTARITÉ... Et pour la première fois depuis de nombreuses années elle savoure une paix intérieurs, un calme total... Si il en fallait un pour la rendre si souriante ça ne pouvais être que lui... Pourvu qu'il n'y es plus jamais de retours à sa grisaille intérieur... Une vache meugle non loin… Elle s’étire, elle rêvait bien sur… « Erèbe m’aimer… Quelle drôle d’idée, ça n’arrivera jamais voyons… reprend toi ma fille… » Complémentarité… Elle souris bêtement : lui et elle se serait plutôt incompatibilité, incompréhension, inflexibilité ! Elle écrasa une larme qui dégouliné très lentement en direction de ses lèvres…
Le cœur aussi froid qu'une pierre en hiver elle s'insurge contre l'espèce humaine... Contre elle, contre lui ! Sortir de sa torpeur, de ce carcan qu'elle s'est construit dans l'espoir de ce protéger contre les million de monstres qui l'ont assaillis et qui perdure... Elle est malheureuse reste malheureuse et le sera sans cesse parce qu'au final ce qui lui fait peur c'est d'être enfin HEUREUSE... Oui on a peur de ce que l'on ne connait pas... Alors oui elle pense qu'elle a fait le choix de souffrir pour ne pas perdre cette main de fer qu'elle a sur son esprit.
Elle est en mode : "désolé mon cerveau n'est pas disponible actuellement" c'est dur....  Elle s'est renfermé dans sa coquille car récemment trahi par des personnes à qui elle avait donnée sa confiance... ça arrive souvent me direz vous mais ce qui est pire pour elle comme pour tant d'autre d’ailleurs c'est qu'elle ne donnait plus sa confiance à personne de peur de souffrir, elle pensait qu'elle souffrait déjà bien assez comme ça.... Et voila qu'elle se dit qu'elle avait raison et que plus jamais ça... Elle en ai aussi sur qu'un phoque qui snif de la maïzena... Elle est restée impassible et pas un de ses traits n'ont trahis ses sentiments, elle a beaucoup pleuré et puis la lumière dans son cœur a retrouvé son niveau de clarté comme le ciel après le passage d’une tornade... SOCRATE disait je ne sais qu'une chose c'est que je ne sais rien... Et bien L., elle est sur d'une chose c'est que encore une fois elle avait bien raison, elle n'aurait jamais dû baisser sa garde.
Maintenant elle a un de ses regards qui ne manquent jamais rien et qui retiennent tous...

podcast
Matmatah - la fleur de l'âge 

21 juillet 2008

Mise en abysse... #7

 

984335764_6764abe549.jpg
Un papier rose à liseré mauve coincé sous la tête de lit : « Si aucun souvenirs, si tu ne sais pas la date. Si tu ne te souviens pas de quoique ce soit, appelle Erèbe. »
Regard oblique vers sa droite, elle tend le bras et attrape par la ficelle, d'où pend son initiale : un L., son téléphone portable. 15h24... Ça y est, elle disjoncte... L. s'est enfermé complètement dans son appart' en pyjama et se nourris de yaourt légèrement périmé... Elle est rentrée et depuis pleure, reste sur son canapé' ou son pc en écoutant à fond Iron Maiden comme elle aime à dire, heureusement qu'il n'y a pas de voisins... Encore une chose qui ne la concerne pas... Le voisin est comme vous ou presque puisque lui fait du bruit après 23h, qu'il écrase ses mégots dans les parties communes quelles qu'elle soit, oui le voisin fait des barbecues qui fument et vous enfument, il fait l'amour d'une façon ridicule, mais surtout extrêmement bruyante, le voisin sonne pour du sucre, du sel, un tir bouchon ou un verre d'huile..... Bref L. a tous compris, elle sait qu'il ne vaut mieux pas côtoyer de près les autres humains parce que sinon ils deviennent très vite insupportable et puis comme elle le dit de toute façon elle n'est pas très sociable, mais ça c'est L. qui le dit,car, Erèbe pense que c'est faux...
Bref je ne sais pas ce qui s'est passé, mais là ça commence à bouger sous son crâne comme si ces deux hémisphères se frottaient l'un contre l'autre.... Elle rejoue le même combat sans issu avec Erèbe, car elle ne veut pas comprendre et admettre qu' Erèbe ne changera pas et qu'elle ne changera plus non plus... Elle sent du coup une colère sourde monter en elle.... mais dans sa tête L. digère... Tout le monde s'accorde à lui dire que tout ce qui lui arrive est pour son bien, qu'il faut qu'elle se laisse porter par les évènements sans s'angoisser et que aussi surprenant que cela puisse paraitre, même les épreuves les plus terribles, tout ce qui lui arrive est pour son bien... Elle n'y croit pas même si elle se rend bien compte que le mal sert à révéler le bien et qu'il n'y a que dans l'adversité qu'on découvre la vraie valeur des êtres....
Dans le pire des cas là ses douleurs lui prouvent qu'elle existe... L. Soignera son cœur...
Elle a bien essayé de refaire surface, mais son envie de s'enfuir, de s'évanouir dans la nature, de s'enfermer était là bien encré comme un murmure que l'on ne fini plus d'entendre, comme un vent sec d'hiver qui vous transperce malgré les épaisseurs de vêtement...

19 juillet 2008

Mise en abysse... #6

12475577_p.jpg
Un papier rose à liseré mauve coincé sous la tête de lit : « Si aucun souvenirs, si tu ne sais pas la date. Si tu ne te souvient pas de quoique ce soit, appelle Erèbe. »
Regard oblique vers sa droite, elle tend le bras et attrape par la ficelle, d’où pend son initiale : un L., son téléphone portable.
5 heures du matin, L. a des frissons, elle n’arrive pas à dormir rien à faire, elle grelote, elle étouffe, se tortille, regarde le temps passer sur le digitale de son portable, pense, rumine et ressasse.
Quand le café jaillit des veines, quand la drogue ne suffit plus, quand la contradiction est une arme, quand le temps ne se prête a rien... Que faire d'autre ? Se demande t’elle…
Serrer les dents et tenir le coup.
On dirait un frottement d'os humain sur du parquet dans sa tête, c’est sans cesse comme des ongles sur un tableau noir... Sa vie est trop étroite. Elle n’est pas claustrophobe, et pourtant elle rage de se sentir enfermé ainsi. Elle sait d'avance qu’elle ne pourra pas rencontrer tous les gens qu’elle pourrait aimer, qui sauraient l'aimer. Elle n’aura pas le temps de lire tous les livres qui le mériteraient. Elle ne pourra jamais découvrir tous ces endroits superbes où l'on touche le monde. Elle n’est qu’elle, L. et personne d’autre, chose visiblement destinée à accumuler les échecs dans sa vie. Juste parce qu’elle renonce dès qu'il s'agit de fournir un effort, elle traine jusqu'à ce qu'il soit trop tard, elle préfère ne pas essayer plutôt que d'être déçue. Elle se ferme des portes. Elle s'enferme.
Sentiment d'urgence. Envie de se cacher dans une caverne pour lécher ses plaies microscopiques par lesquelles la vie titille ses nerfs, envie d'un bain de tendresse où elle pourrait se noyer en toute quiétude, envie d'une cure de désintoxication d’Erèbe qui l'oblige à vivre sa vie en actrice, en spectatrice. Envie d'être une enfant dont on s'occupe sans rien attendre en retour. Marre d'être une mère attentionné et une sœur patiente pour ceux qui vont mal, marre d'être la fille rigolote pour les déprimés, la naïve pour les sceptiques et la raisonnable pour les inconscients. La tendre pour les insensibles, la mesurée pour les cœurs d'artichaut. Marre d'essayer d'être tout cela en restant elle, marre de s'en vouloir d'échouer, marre de nager à contre-courant, marre de ses quelques heures de sommeil par nuit qui ressemblent à la mort. Elle a besoin de temps. Oui, L. éprouve un sentiment d'urgence. Elle se questionne tout haut assise en tailleur sur sa couette : «A quel prix le bonheur ?»
Le prix, c'est celui de la souffrance, de la destruction parfois. Et puis parfois, c'est celui de la déconstruction pour mieux reconstruire derrière.
C'est le prix de sa solitude, de sa sensation que personne ne peut comprendre ce qu’elle a vécu, mais c'est aussi le prix de l'acception du regard des autres, de l'aide des autres.
C'est le prix de sa blessure profonde, dont elle gardera toujours les stigmates, c'est le prix de sa mort parfois... Mais c'est aussi le prix de l'avancée, de la maturité.
Être ce qu'elle est, avec ce qu’elle a vécu et se battre pour comprendre, apprendre et continuer. Se battre parce que ça vaut le coup...
Elle se dit que ce n’est pas de la morale à la petite semaine, ou de la psycho de comptoir, c'est juste un bout de SON histoire et ça ne dépeint qu’elle...
Il faut qu’elle dorme une heure, même deux... Il faut qu’elle gère une heure, même deux, il faut qu’elle arrête d'avoir mal, il faut que cela s'arrête... 5 heures du matin elle a des frissons, L. sait pourquoi et c'est pas bon... Elle avale dans un geste indéterminé sept somnifères.
Elle souri et pleure à chaudes larmes… S’endort enfin mais dans d’affreux tourment…

podcast
 Veronique Sanson - Pour me comprendre

17 juillet 2008

Mise en abysse... #5

 

14189954_p.jpg
Un papier rose à liseré mauve coincé sous la tête de lit : « Si aucun souvenirs, si tu ne sais pas la date. Si tu ne te souvient pas de quoique ce soit, appelle Erèbe. »
Le papillon de son épaule s'envole avec difficulté : trop bu, trop fumé, pas assez dormi.... Il se pose doucement sur sa table de nuit et attend qu'elle daigne le récupérer. La lumière de la nuit et de la lune confondue dessine sur les murs aseptisés de sa chambre deux lunes ovales qui forment comme l'entrée d'un temple, elle s'extirpe de ses draps et son ombre se glisse jusqu'à l'encolure de sa porte..... Elle est plongée dans une demie somnolence, L. est impuissante devant l'invention de certains mirages tout en couleur, flou et sans forme.... Ses rideaux se soulèvent par la force d'une petite brise, ils lui semblent déchiquetais, en lambeaux. Elle s'introduit dans le temple, lève les yeux et son regard se pose sur une vaste tâche qui ondule fébrilement sur le plafond, c'est un gouffre noir et profond, un abime à la forme fœtal entouré d'auréoles bleutées, tachetées de ci de là, de vert et de jaune… Elle se retourne, il y a des gens, du moins elle voit des ombres danser autour de son lit dans lequel elle s'empresse de retourner se cacher.....
Ils sont tous là et personne ne semble l'entendre pourtant, elle hurle.... elle entends des sons : des chants ou des murmures, des petits filés de voix à peine audible qui semble s'échapper de trop lourdes et ennuyeuses discutions..... L. plonge son regard dans le miroir lisse et glacé de sa chambre pour s'introduire dans un monde sans vie, elle a vu l'autre coté mais c'est bien trop dur, trop froid, trop triste......
Alors elle a fermé les yeux et elle s'est endormie car se qui est difficile c'est de garder la ligne, de ne jamais la franchir...
Son papillon s'est reposé sur son épaule avec comme elle une éclaire dans le regard et le sens inné de l'orientation.... Assise droite comme un code pénal entre ses oreillers : ça n’était qu’un rêve…
Regard oblique vers sa droite, elle tend le bras et attrape par la ficelle, d’où pend son initiale : un L., son téléphone portable. 4h18… Elle respira longuement, attrapa très vite sa plaquette de somnifères, en avala cinq et laissa son corps meurtri retomber sur son lit… Ses yeux papillonnèrent longtemps et finirent par se refermer…


podcast

Damien Saez - Debbie - Tu y crois toi 

15 juillet 2008

Mise en abysse... #4

 

15953997.jpg
Un papier rose à liseré mauve coincé sous la tête de lit : « Si aucun souvenirs, si tu ne sais pas la date. Si tu ne te souvient pas de quoique ce soit, appelle Erèbe. »
Regard oblique vers sa droite, elle tend le bras et attrape par la ficelle, d’où pend son initiale : un L., son téléphone portable. 13h54… La bouche pâteuse, trop de somnifères mais parfois c’est impossible de faire autrement.
Les mots glissaient à présent sous ses doigts et l'écran de son ordinateur en était tout barbouillé. L. échouait à formuler ce dont elle voulait lui parler. Mais l'écriture automatique a du bon, parfois. Elle se disait que lorsqu’il sera vide comme elle l’est aujourd'hui, elle verra venir la période de repos forcé, de glandouille improductive comme un mirage, c'est certain. Elle coupa tout autour d’elle pour réussir à s'en dépêtrer, elle tailla à vif, elle pris la fuite, oui, lui qu'elle aime ne peu rien pour elle, qui a envie de se retrouver seul avec elle-même, enfin, d'arrêter les machines et la musique étourdissante. Elle ne sait plus qui elle est, L. a mal qu'on l'aime ainsi pire que l'on ne l'aime pas, et pourtant elle est touché que certains se soucient de son bien être. Ne pouvant s'empêcher de couler, il lui confia de la tendresse à emmener au fond – elle en fait des réserves, elle sait comme il fait froid lorsqu'on est nu dans l'espace de son âme, et comme il est dur de ressortir du gouffre de la douleur et de l'auto apitoiement. Elle va aller au fond, tenter de retrouver son essence, et repositionner autour ce qui doit l'être, faire le bilan de ses expériences récentes, en garder le meilleur comme toujours et laisser glisser ce qui fait mal, ce qui est fini, ce qui est devenu inutile. Renoncer aux colères refroidies, aux peurs découvertes, à la tristesse. Traverser une phase de mélancolie douce, sans doute - tant de souvenirs à emballer précieusement avant de les ranger au fond d'une boite. Pleurer encore, et donner dans ces larmes ce qu’elle n’a pas su dire, pas osé faire. Puis libre de remords, de regrets, libre et forte de son passé, envisager l'avenir et dénouer dans ses fils chatoyants la route qui lui convienne. Ensuite, se reformer dans ce but, réunir son courage, sa force, ses désirs. Prendre le temps de souffler. Et enfin, revenir au monde, encore une fois - tant de naissances déjà, à chaque métamorphose. Elle sera L., rien de plus, la transcendance n'est pas pour cette fois - ni jamais, elle l’espère. Mais elle sera entière, éveillée, prête à être émerveillée avec ses nouveaux yeux d'enfant. Prête à ressentir de nouvelles émotions, quitte à en souffrir… Et puis souffrir elle en a l’habitude…
Elle ne va pas bien, ça fait des heures, les larmes aux yeux en pyjama planqué sous une couette, blottie dans son canapé..... Apparemment c'est la solitude qui l'a tu à petit feu.... Elle a compris que nul n'est obligé de réussir mais que tout le monde doit essayer... le problème c'est qu'elle a une plaie béante à la place du cœur, le sentiment d'avoir toujours été trahie et abandonné par tous, la peur d'être trahie par les hommes... Hélas cette plaie est profonde !
Enfin la seule règle en amour c'est qu'il n'y es pas de règle, c'est ce qu'elle prêtant sans cesse mais qu'elle n'a pas l'âme d'un guerrier.... alors c'est la solution de facilité, le pyjama qui ne ressemble plus à rien, la vielle couette de son enfance, des films pour "pleureuse", une boite de mouchoir taille XXL et un paquet de quelconque truc sucré ou salé selon l'humeur... Et à ce stade L. se laisse périr...
Elle croit aimer l'autre, aimer Erèbe mais en fait ce qu‘elle aime c'est le regard qu'il lui porte. Elle se reconnait en lui comme l'image que son miroir ne lui renvoie pas. Elle s’aime un peu plus à travers l'image qu'il lui renvoie d’elle...
Elle s’est aperçu que les hommes veulent toujours maintenir les femmes en cage parce qu'ils ont peur, et elles, elles acceptent parce qu'elles sont romantiques..... Et puis il faut avouer qu'elles aiment tant faire plaisir... Alors les hommes les enchainent par les sentiments, ensuite...... elles supportent le mari alcoolo, brutal, volage...
Bref L. et Erèbe , se comprennent d'âme à âme, au moment ou il partira, L. se tourmentera et se perdra… C’est ainsi…

podcast

Serge Lama - Je suis malade

13 juillet 2008

Mise en abysse... #3

 

11131335_p.jpg

Un papier rose à liseré mauve coincé sous la tête de lit : « Si aucuns souvenirs, si tu ne sais pas la date. Si tu ne te souvient pas de quoique ce soit, appelle Erèbe. »
Regard oblique vers sa droite, elle tend le bras et attrape par la ficelle, d’où pend son initiale : un L., son téléphone portable. 5h54… Sa tête retombe lourdement sur l’oreiller…
Elle se souvient pourtant de la première fois qu’elle a découverte Erèbe... Il est descendu du train, Paris-Strasbourg, 1m94, 100 bon kilos, sûr de lui, souriant, charismatique, une écharpe rouge noué autour du cou, un duffle-coat  bleu marine... Il était tel qu’elle l'imaginait, Erèbe était celui qu’elle attendait. Elle était à sa cause acquise... C'était LUI ! Il avait pourtant le regard inquiet, se demandant ce qu’il faisait là et ne sachant comment cacher sa petite déception à la vue de L.
Toute leurs histoire venait de s’écrire sur un simple regard hélas…
En plus de l'aimer follement (première erreur) c'était devenu son meilleur ami (seconde erreur) et elle était totalement sous son emprise.
Du coup, inévitablement, ça a fait murir d'autres envies en elle, juste des hypothèses et des "peut-être" qui sont autant de portes ouvertes et de choix possibles pour plus tard. Mais plus tard sans lui dans sa vie, c'était mourir un peu chaque jours...
La journée fût longue après cela… 21h14… Le temps s’est figé. C’était le moment des pensées morbides, du mur qu’elle contemple tout en ayant la flemme de ramasser ses dents cassées, des fois qu’un pervers quelconque passe dans le coin. Elle est trop las pour serrer les fesses tout en gesticulant les bras... C’est l’une de ces soirées où elle se faisait chier, où elle ne savait pas où aller, où elle avait juste envie de se flinguer, et où elle est sortie parce que quelque part, c’est toujours plus glorieux que de rester chez soi à jouer des heures incalculables sur Wow. L’une de ces soirées où elle ne voulait pas aller, et dont elle ne voulait pas rentrer.
Mais elle est rentrée dans l'état dans lequel elle ne devrait plus se mettre car parfois il faut savoir se laisser aller à l'indifférence, se laisser aller à l'insouciance voir à l'inconscience... Des soirs comme ce soir où il lui aurait fallu admettre qu’elle grandie et que cela fait mal, qu’elle admette que la raison du plus fort est toujours la meilleur et qu’elle était faible...
Admettre qu'il est grand temps d'arrêter de lutter à la Don Donquichotte, que les moulins ont cessés de fonctionner depuis bien longtemps...
Elle a fini, par aller se coucher, 5h43, elle a ouvert un livre de Werber, n’a pas eu le temps d’en lire plus de trois lignes et s’est écroulée en pensant qu’il fallait surtout ne pas faillir savoir être patiente et que demain sera bien meilleur, il parait qu'il pleuvra....


podcast

Sonic Youth - Superstar